mercredi 20 septembre 2017
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La circoncision chez les bamanan :Chaque bilakoro est psychologiquement et au plan occulte préparés par ses parents

La circoncision des bilakoro, c’est-à-dire des jeunes enfants adolescents âgés  de 12 à 18 ans  obéît à des rituels traditionnelS selon chaque communauté baManan.
Cette épreuve de passage de l’enfance à l’age adulte et A CELUI deS responsabilitéS EST aussi importante pour l’enfant dans son ascension sociale et pour ses parents qui se doivent de sauver la vie de leur fils au cour de cette épreuve mais aussi d’assurer sa socialisation au milieu de ses semblables par tous les moyens deS protections possibles.

Compte des bûches par le forgeron. VeilléeS. Chants. Sacrifices propitiatoires
Dans l’après-midi le forgeron était arrivé. Si sa maison d’accueil n’est pas celle du chef de village en personne, son hôte envoie quelqu’un prévenir le chef de village en disant : ‘le forgeron est arrivé.’ Bon,  après le repas, chacun des garçonnets prend sa bûche et s’en va à l’entrée de la maison où loge le forgeron. Ils font bien attention. Chacun d’eux, un à un, va jeter sa bûche près du feu où est assis le forgeron ou près de l’endroit où il cause.
Que deux enfants jettent leurS bûcheS en même temps, cela ne se fait pas, mais un par un.

Le premier jette la sienne, puis le suivant, puis le suivant jusqu’au dernier du groupe. Alors, le forgeron les compte. Cela a du sens. Le forgeron fait ses préparatifs en fonction du nombre de personnes.
En effet, il n’est pas rare que des enfants accourent d’eux-mêmes d’autres villages (pour se faire circoncire. C’est pourquoi le forgeron ajoute 3, 2 ou 4 unités au nombre qu’il a calculé…
Après le repas du soir, le tambour d’eau résonne, on joue le tam-tam de la fête, c’est la veillée sur la place publique. Elle va durer jusqu’à l’aube. Ses rites sont nombreux.
Toutes les mères vont sur la place publique pour la veillée, tandis que les garçonnets sont rassemblés là où ils passeront la nuit.
La veillée de la circoncision (est spéciale) ce n’est pas vraiment celle des hommes, mais plutôt celle des femmes. Et encore ! Les femmes la font, elles sont dans la foule, mais elles sont toutes préoccupées, car elles savent ce qui aura lieu le lendemain matin… Les hommes vont faire un tour sur la place publique, mais ils ne peuvent rester longtemps.
Beaucoup restent dans leur maison, inquiets, ils ne peuvent pas dormir beaucoup, parce qu’on ne sait pas si l’opération des garçonnets réussira ou non. Quant aux femmes, elles font la fête jusqu’à l’aube sur la place publique.

À l’aube, l’agitation s’apaise. Les jeunes gens prennent les ‘wasanba’ (sortes de crécelles) et entrent au village. Ils se promènent en passant dans chaque famille, qu’elle ait ou non des enfants à circoncire. Ils chantent, et leurs chants sont lourds de sens. Pourquoi chantent-ils ? Pour rappeler aux pères et aux mères leurS conduiteS passéeS.
Quelle conduite ? Quand on est unis par le mariage, bien des choses se passent.
Entre l’époux et l’épouse, les querelles ne peuvent prendre fin. (Les dents et la langue se querellent, dit un adage).
On ne peut faire vie commune, et élever un enfant jusqu’à l’âge de la circoncision, sans que surgissent des disputes à propos de lui.
Dans notre mentalité, quand on se dispute, c’est une sorte de péché qui provoque des ‘karas’ (des mauvais sorts) et peut devenir pour l’enfant une source d’ennuis. Les chants de ces jeunes gens font que les pères et les mères se souviennent de ces querelles et vont chercher un moyen d’expier leurS fauteS . Même quelqu’un plein d’appréhension s’en souvient.
S’il s’agit de la mère, elle contacte un camarade de son mari et lui avoue sa faute.

Alors tous deux vont trouver le mari pour faire la libation (d’expiation). Ils mettent des grains de mil dans de l’eau, s’assoient, rappellent les circonstances, et versent la libation aux ancêtres en leur demandant pardon…
De même pour le père, s’il convient que les conjoints se voient pour s’être disputés, ils le font.
Ils se demandent pardon, ils se l’accordent et font la libation aux ancêtres comme une sorte d’expiation de leurS fauteS. Cela règle le différend et élimine le mauvais sort…

Quant aux joueurs de ‘wasanba’, après avoir fait trois tours de chant, ils bifurquent et vont déposer leurs ‘crécelles’ près du bosquet où aura lieu la circoncision.
Circoncision. Ordre de préséance
C’est le moment du forgeron. C’est la raison de sa venue. Il sort du village et va sur l’aire prévue.
C’est maintenant aux mères de faire leur travail. Elles lavent les garçonnets à circoncire chacun dans sa maison. À chacun sa mère. Ceux de la même famille sont lavés dans la même ‘douchière’, avec l’eau de la même calebasse.
Que met-on dans cette calebasse ? Des remèdes en poudre accompagnés d’incantations.
Dans quels buts? Les buts principaux sont les suivants : contrecarrer les maléfices des ennemis, prévenir les vertiges des circoncis et éviter une abondante hémorragie.
On fabrique de petites cordelettes à nœuds (tafo) que l’on attache sur la tête des garçonnets.
À certains, on leur attache dans les cheveux un fil noir, un fil rouge et un fil blanc pour qu’ils n’aient pas de vertiges. C’est un remède contre les vertiges.
Quand (les parents) sont allés voir les devins, certains ont recommandé comme offrande une noix de kola blanche mise dans du lait frais avec une invocation à Dieu. Que l’enfant avant de se rendre sur le lieu boive le lait frais, qu’il divise la noix de kola, en mette une moitié dans sa bouche et en croque une partie.

Qu’il ne croque pas tout. Même s’il le fait, qu’il ne s’assied pas sous le fer sans en avoir gardé des miettes dans la bouche. S’il le fait, il s’assiéra et se relèvera correctement. Ils agissent ainsi. Quand les pères ont tout réglé ainsi, les enfants sortent du village.
C’est alors qu’il convient de décider l’ordre de préséance.
C’est très important. Cela revient à un vieux aidé de ‘mères’ à la bonne mémoire. On met en rang les enfants. On trie un à un ceux de la génération des pères. On place en premier le plus âgé, puis à sa suite les autres par rang d’âge. Quand le groupe de la génération des pères est terminé, on passe à la génération des fils.

De la même manière, les aînés passent devant les cadets. Mais même si un de la génération des fils est plus âgé qu’un de la génération des pères il ne passe pas devant. Dans quel but tout ce tri ? Tout cela est fait en prévision de l’installation du chef de village, et pour éviter des erreurs à cette occasion.
En effet, on ne peut prévoir qui mourra (avant les autres). Quand c’est au tour d’un tel, (cela évite) qu’un cadet devienne chef et qu’on oublie son aîné, ou bien qu’un de la génération des fils devienne chef alors qu’il reste quelqu’un de la génération des pères. C’est la raison de ce tri.
Le chef de village sera installé sans qu’il y ait d’erreur… S’il y a un (fils d’) étranger installé dans le village qui doit être circoncis, on le fait passer en tout premier, mais ce n’est qu’un signe (de sa condition d’étranger) cela ne veut pas dire qu’il aura la chefferie.
Alors le forgeron commence à les circoncire.
Les ‘bilakoro’ viennent. Un homme se tient debout près du forgeron, mais plus près du père de l’enfant que du forgeron. Un autre est debout tout près des enfants.
Un autre est tout à côté du forgeron, c’est lui qui fait asseoir l’enfant.
Le forgeron, lui, fait l’appel, un à la fois.
Il les circoncit tous. Fréquemment, le parent venu de chez l’oncle maternel pour la circoncision de son neveu, est accouru. Elle a lieu en sa présence.
C’est lui qui, assis derrière l’enfant, le tient fermement et veille sur lui. Mais quand il s’agit de la circoncision, on ne fait pas de distinction. Tous les circoncis ont droit à la (même vigilance).

Quand la circoncision est finie, tout ce que chacun a appris comme formule magique est mis au service de tous. ‘Je suis venu pour un tel, je ne suis pas venu pour un tel’ Cela ne se dit pas, (cela ne se fait pas).
Tout le monde met en oeuvre les secrets qu’il a, afin que les circoncis ne s’évanouissent pas et ne soient pas trop éprouvés.
Abdoulaye faman Coulibaly
LE COMBAT

Rédaction

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