mardi 21 août 2018
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Inquiétudes autour des prochaines élections : les émissaires de l’OIF chez l’opposition

Dans le cadre du processus électoral, une délégation de l’Organisation internationale de la Francophonie, conduite par Dileita Mohamed Dileita, ancien Premier Ministre du Djibouti a séjourné dans notre capitale, Bamako. Leur mission était de procéder à l’évaluation du processus électoral dans la perspective des élections régionales et générales de 2018 au Mali. Une rencontre a eu lieu le 21 novembre dernier en présence du Chef de file de l’opposition, l’Honorable Soumaïla Cissé et plusieurs partis politiques du même bord.

Pour la consolidation du système démocratique, le processus électoral doit être un instrument en voie d’amélioration permanente. En effet, c’est dans ce cadre que cette Délégation a séjourné dans notre à Bamako depuis le 20 novembre dernier. Il s’agit de procéder à l’évaluation si possible des besoins des organes de gestion du processus électoral au Mali. Notamment, avec le Département de l’Administration territoriale, la CENI, la Délégation Générale aux Elections (DGE), la Cour Constitutionnelle, et la Haute Autorité de la Communication.

Composés de cinq émissaires, Babacar Kanté (Professeur de Droit et ancien membre du Conseil constitutionnel du Sénégal) , Oumar Top (Administrateur civil, ancien Directeur Général des élections au Sénégal) , Mme Sidonie Armelle Amoakon (Secrétaire Générale du Conseil national de la presse en Côte-d’Ivoire) , Christian Pout (Délégué Général du Centre africain d’Etudes internationales, diplomatiques, économiques et stratégiques-CEIDES) et Saïdou Kane (Spécialiste de programmes à la Direction des Affaires politiques et de la gouvernance démocratique DAPG), la délégation a souhaité rencontrer les autorités nationales, les Représentants des organisations de la société civile, la classe politique dont le chef de file de l’opposition et de la majorité. C’est ainsi qu’en début de soirée, le21 novembre, Soumaïla Cissé, le Chef de file de l’opposition, en compagnie des leaders des autres formations politiques de l’opposition et les membres d’un comité d’Experts spécialement installé auprès du Bureau du Chef de file  de l’opposition ont accueilli la délégation de l’OIF.  L’opposition s’est exprimé sans ménagement. Elle voit le processus électoral dans un horizon sombre et très inquiétant. L’Honorable Amadou Thiam, Président de l’ADP-Maliba, a expliqué à cet effet, de la problématique du fichier électoral et  l’absence du fichier biométrique. A cela s’ajoute un souci de gouvernance. Quant à Djibril Tangara, il a mis l’accent sur le problème de l’insécurité et les risques graves sur la tenue des élections dans tout le pays. Selon lui l’Administration est absente sur près de 60% du territoire national.

Le Chef de file de l’opposition, l’Honorable Soumaïla Cissé a soulevé, à son tour,  la rupture du dialogue politique entre opposition et majorité présidentielle. Il a fait cas aussi de la situation des cartes NINA. On parle de 900.000 dont 11 000 non personnalisées, couplés à un souci de terminal de cartes biométriques. Il explique que d’énormes préoccupations demeurent sur l’audit du fichier électoral avec proposition de création d’un seul organe de gestion des élections. La prise en compte des nouveaux jeunes accédant l’âge de 18 ans  avec la mise à disposition des cartes NINA constitue un autre facteur des préoccupations de l’opposition. Également, les difficultés liées à l’accès aux médias d’État ont été parmi des problèmes soulevés par Soumaïla Cissé.

Pour les élections du 20 novembre 2016, le Chef de file de l’opposition précisera qu’elles n’ont pas été régulières. Il a dénoncé des  cas de fraudes, de l’existence d’imprimeries parallèles pour spécimen.

Ainsi, tout un tas d’incohérences déclarés ont déjà été signalé à l’Union Européenne. L’opposition n’a pas manqué de rappeler l’importance de la Cour Constitutionnelle dans ses prérogatives.

La délégation de l’OIF dit avoir pris bonne note de toutes ces préoccupations exprimées par l’opposition et qu’elle promet d’en rendre fidèlement compte  à sa hiérarchie pour les décisions utiles à prendre dans les tout prochains jours.

Mohamed BELLEM  : LE COMBAT

Rédaction

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