samedi 15 décembre 2018
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Graine de vérité : tout est bien clair maintenant !

Deux gros dossiers servaient de patates chaudes entre les mains du Gouvernement. Il s’agit de la tenue des élections législatives et de la gestion de la grève illimitée des magistrats. L’un a été vidé et l’autre connait un début de dénouement.
Par rapport à la tenue des législatives, est-il besoin de rappeler que la Cour Constitutionnelle dans son arrêt du 12 octobre avait donné son quitus pour la prorogation du mandat des députés nécessitant le report des législatives et l’adoption d’une loi organique pour finaliser ce processus. C’est désormais chose faite car, le dernier Conseil des ministres a abrogé la loi qui avait convoqué le collège électoral avant de reporter les élections législatives jusqu’en juin 2019.
Ce report a été du goût de la majorité des acteurs politiques, à l’exception d’une petite frange de formations politiques. Laquelle en réalité, qui n’est pas opposée au régime, mais était en quête d’un alibi pour ne pas être taxée de suiviste en cas de fronde sociale. D’où la création d’un nouveau front mi majorité, mi opposition, se disant défenseur de la Constitution. Composé pour la plupart de jeunes présidents de partis politiques, tous les observateurs estiment que ce front n’aura pas longue vie et dès le prochain remaniement gouvernemental il pourra voler en éclats. D’ailleurs lors de la conférence de presse de lancement, un leader de ce front n’a pas manqué d’insister auprès d’une tête de proue de répondre à la question d’un journaliste relative au fait qu’il ne reste jamais longtemps dans un regroupement politique. « Si vous insistez sur cette question ce qui veut dire que vous êtes de même avis que le journaliste » a rétorqué amicalement ce jeune président de parti.
La contestation contre le report pouvait venir de l’aile dure de l’opposition, celle du chef de file. Or, elle, essoufflée par les vaines contestations d’après scrutin, préfère pour l’instant, faire les décomptes des dépenses engagées (pour peu de résultats) que de vouloir engager un bras de fer pour la tenue des législatives à date. Une opposition des fortunés ne va pas en guerre quand elle dans la dèche.
L’autre dossier qui coupe le sommeil à Soumeylou Boubèye Maïga et son gouvernement relève de la grève des magistrats. A ce niveau, même si on ne peut pas parler de bout du tunnel, il est plausible de saluer le langage de vérité qui a prévalu de la part du Président de la République, de son Premier ministre et de celui de la Justice à l’endroit des magistrats. Rarement dans notre pays et face à une telle grogne, il y’a eu de la cohérence dans le discours à tous les niveaux décisionnels, comme cette fois-ci. D’habitude, le Premier ministre servait de fusible pour le Président et le ministre pour son chef de gouvernement. Mais cette fois-ci l’ampleur de la crise et la pression des réseaux sociaux n’ont pas fait perdre la tête aux autorités publiques.
Aucune promesse bidon ou mensongère. Toute chose qui a donné du grain à moudre aux syndicats des magistrats, obligés désormais à convaincre leur base à reprendre leur toge noire. Pour ce faire une assemblée générale avait été programmée, puis reportée au 1er novembre.
A ce niveau, au risque de s’en aller en eau de boudin, les magistrats n’ont d’autre choix que d’observer une trêve jusqu’au premier semestre 2019. Cela après la conférence sur la question des salaires et pourquoi pas les concertations régionales sur le découpage administratif.
Par rapport à la question de découpage administratif, il faut encore une fois saluer la concession faite à ce niveau. Notamment la décision de programmer des concertations régionales pour débattre et décider au niveau régional. Cette décision a permis de couper l’herbe sous le pied de ‘’nouveaux pseudos’’ défenseurs du territoire malien. Lesquels voulaient rééditer l’épisode de la fronde contre le code de famille, à l’encontre de ce qui n’était qu’un avant-projet de décret.
Maintenant tout est bien clair. Les véritables candidats à la députation ont une année pleine pour affuter leurs armes, les magistrats de comprendre que l’impossible d’aujourd’hui peut être possible demain et les contestataires du découpage de se forger d’abord une réputation sur le plan local afin d’avoir voix au chapitre.
Moustapha Diawara LE SURSAUT

Djibril Coulibaly

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