jeudi 21 septembre 2017
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Force conjointe du G5 Sahel : Une armée « dépendante »

En tant que chef suprême des armées et président en exercice du G5, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta s’est rendu le week-end dernier à Sévaré pour visiter le poste de commandement central de la force conjointe.  

Le 02 Juillet dernier, ici, à Bamako le chef de l’État malien, Ibrahim Boubacar Keïta et  ses homologues du Burkina, du Tchad, du  Niger et de la Mauritanie  ont officiellement lancé la force conjointe du G5 sahel. C’était lors de du sommet extraordinaire qui avait comme invité d’honneur le président français Emmanuel Macron.

Deux mois seulement après le lancement de cette force, les choses semblent bouger dans le sens souhaité. C’était d’ailleurs l’un des vœux émis par le chef de l’État français, Emmanuel Macron  lors de ce sommet. Il avait, on se souvient, dit que cette force devrait pleinement jouer son rôle de lutte contre le terrorisme et le plus tôt possible. Il a ainsi, lui-même montré la voie. Car seulement un mois après ce sommet extraordinaire, sa ministre de la défense, Florence Parly  était à Bamako le 02 Août pour voir avec les autorités maliennes où en était l’opérationnalisation de la force.  A sa sortie d’audience avec le chef de l’État, elle s’était félicitée de savoir que le poste de commandement central de Sévaré était enfin prêt.  En se rendant à Sévaré, le message du chef de l’État était clair : montrer à la face du monde et plus particulièrement à celle de la France que les engagements pris à Bamako le 02 Juillet et les promesses faites à Florence Parly le 02 Août  sont en train de se réaliser.  Si selon la communication de Koulouba IBK était au contact des forces armées à Sévaré pour prendre avec elles un « repas de corps » pour renforcer la cohésion, faut-il dire qu’il était temps. Lui qui clame haut et fort son attachement à la grande muette s’en approche très rarement.  Il a d’ailleurs fallu une certaine pression des réseaux sociaux pour que le chef de l’État fasse le déplacement de Douentza et de Tombouctou après des attaques terroristes qui ont fait plus de 18 morts.

Si l’opérationnalisation du poste de commandement est effective, la grande question et de loin la plus importante, celle des finances. La force du G5 doit coûter 423 millions d’euros. A ce jour, l’Union européenne a promis 50 millions d’euros, chaque État membre devra débourser 10 millions d’euros, la France a promis de débourser 8 millions d’euros d’ici la fin de l’année. Avec moins de 120 millions, les comptes  sont loin d’être  bons. Pour boucler le budget, des tables rondes avec des bailleurs de fonds sont prévues. Quelle réactivité, quelle indépendance peut avoir une force qui dépend de l’aide financière venant de différents pays aux intérêts souvent divergents ?

Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

Rédaction

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