mardi 20 novembre 2018
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Fin des 100 jours de Grève des magistrats : La reprise effective en Commune V

Comme convenu lors de la dernière Assemblée Générale extraordinaire des Magistrats grévistes, le travail a effectivement repris dans les tribunaux à Bamako. Notre équipe de reportage s’est rendue au tribunal de la Commune V pour s’assurer du retour effectif des Magistrats dans les tribunaux. 

L’animation et la file de motos devant le tribunal de la Commune V du District de Bamako témoignent de la reprise effective du travail. Absents des tribunaux depuis 100 jours, les Magistrats ont repris le chemin des tribunaux au grand bonheur des populations. Des populations ne se sont pas fait prier pour prendre d’assaut l’enceinte du tribunal en cette matinée du lundi 5 novembre. Il est 8 heures, déjà, une longue file est dressée en attendant l’ouverture des Bureaux pour déposer les demandes de casiers judiciaires et de certificats de nationalité. Dans son Bureau, qui ne désemplit pas, Mahmoudou Haïdara, Greffier en Chef du Tribunal de Grande Instance de la Commune V se réjouit de la reprise du travail et se dit prêt à donner satisfaction aux populations. «Je pense que la grève étant terminée, c’est la reprise aujourd’hui. Je crois que les grévistes et le Gouvernement se sont compris sur beaucoup d’aspects de la grève. La suspension est faite et ce n’est que la bienvenue pour les populations. L’affluence est un peu partout par rapport à la délivrance des certificats de nationalité et de casiers judiciaires qui étaient un peu bloqués pendant les 100 Jours». Mais, malgré cette affluence, il estime qu’ils sont à mesure d’être à la hauteur. « On n’est pas submergé, c’est le boulot qui le demande, nous sommes fin prêts pour donner satisfaction à la population ;  nous sommes là pour ça, nous y veillerons».

Acte de naissance en mains en plus de  quelques billets de 500 et de 1000 FCFA, les citoyens en rang attendent leur tour pour se présenter au guichet. «Je suis venue  me procurer un Certificat de nationalité et un Casier judiciaire. Depuis plus d’une heure, je suis dans la file, mais je m’y attendais, car il y a généralement du monde ici, surtout après 100 jours de grève », nous a dit Aminata, une   lycéenne, qui a séché les cours pour être là. Un homme, juste derrière elle dans la file, est  Gestionnaire et Candidat au prochain concours d’entrée à l’ENA. Tahirou Kané est content de pouvoir enfin établir son Casier judiciaire et son Certificat de nationalité des documents indispensables dans la composition des dossiers de candidature. «Nous attendons depuis très longtemps la fin de cette grève pour pouvoir enfin établir nos documents afin de composer nos dossiers de candidatures. Moi, je suis candidat au concours d’entrée à l’ENA, et aucun concours aujourd’hui, même celui de la Fonction publique qui est lancé ne peut se faire tant que cette grève est en cours puisque chaque concours nécessite les casiers judiciaires et les certificats de nationalité. Or, ces documents ne sont délivrés que dans les tribunaux ».

Le sourire malgré l’affluence

C’est dans une bonne humeur que la dizaine de femmes, dans le Bureau « accueil, casier judiciaire, certificat de nationalité » ont entamé le travail hier matin et, ce, malgré l’affluence. À l’allure du dépôt des dossiers, les dames s’affairent à remplir les fiches des certificats de nationalité et des casiers judiciaires.  Les populations ne semblent pas être les plus affectées par la grève des 100 jours. «Nous sommes heureuses de reprendre le travail. D’ailleurs, qui aime rester sans travailler ? Donc, c’est logique que nous soyons de bonne humeur », dit l’une d’entre elles.

Si normalement, les procédures d’établissement de ces documents prenaient moins de 24 heures,  ce n’est pas le cas après la grève. «D’habitude, quand tu déposes le matin la demande de certificat de nationalité, le rendez était fixé à 15 heures pour le retrait. Mais aujourd’hui après avoir déposé, on m’a dit de passer le mercredi à 15 heures, c’est-à-dire dans 48 heures », témoigne, Tahirou Kané.

Mais cela s’explique par le nombre de demandes en ce premier jour de reprise des travaux qui a quasiment triplé.

Ici, l’on espère que la suspension va très vite se transformer en levée définitive du mot d’ordre de grève.

En plus des demandes de documents, les Commissariats et les Brigades de Gendarmeries dont les violons débordaient par des personnes en garde à vue, ont commencé à déférer des cas devant le Procureur de la République. Au moment de quitter le tribunal, un véhicule de la Brigade Territoriale de Kalaban- Coro débarquait deux suspects menottés qui seront présentés devant le Procureur.

Mohamed Sangoulé DAGNOKO : LE COMBAT

Rédaction

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