lundi 15 octobre 2018
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Festival FIDASSI/FESFIDA : La 1ère édition lancée

« La circoncision », telle est le thème central de la toute 1re édition du festival FIDASSI ou encore FOURASSI en bambara qui aura lieu les 25 et 26 février 2018 à Badougou-Djoliba. Initié par les jeunes Ressortissants de Badougou-Djoliba, en partenariat avec l’Artiste musicien Salif Kéïta, ledit festival a été lancé à la faveur d’une conférence de presse, animée par Mohamed Kéïta, Délégué Général du festival et Mamoutou Kéïta, Conseiller spécial de l’Artiste. C’était le vendredi 16 février 2018 à Moffou.

L’objectif spécifique de ce festival FIDASSI est de reprendre la circoncision collective en encadrant et protégeant la pratique au plan médical. Selon le Délégué Général du festival Mohamed Kéïta, nos valeurs sociales ont longtemps déterminé nos systèmes éducatifs traditionnels. Il explique que le passage d’une classe d’âges à une autre était toujours célébré comme une promotion sociale, une avancée significative dans les rôles nouveaux que l’enfant était appelé à jouer dans la férule d’un adulte, d’un maître auquel était confiée toute son éducation jusqu’à l’âge des HOMMES. Par exemple, du Kôma ou N’tomo (kômô), l’enfant subissait des séries de formation et d’éducation. Chacune de ces étapes avait ses règles, ses exigences, ses tabous. On ne s’autoproclamait pas d’Adulte mais on le devenait par la force des formations et des initiations. « La petite enfance avait comme socle cette ‘’confraternité’’ née du passage à l’épreuve du fer ou la circoncision. Des centaines d’enfants étaient circoncis ensemble et devraient rester ensemble en brousse pendant deux à trois semaines et pour apprendre à préparer, à manger, à aller à la chasse ensemble, à initier aux choses de leurs sociétés secrètes, à s’aimer, à s’accepter et à se respecter. Toute la première phase d’enfance qui était empreinte d’insouciance, d’irresponsabilité et qui précédait l’entrée dans le monde des Hommes reposait sur des formes d’éducation basées essentiellement sur l’art de jeux utiles, responsables et stragiques. Des multitudes de jeux étaient proposés à l’enfant. Ceux-ci qui devraient développer son intelligence, son adresse, le sens de l’orientation, la perspicacité, l’endurance, la bravoure, etc. L’enfant passait à la trappe son séjour prolongé en brousse devrait lui apprendre à connaitre son environnement, l’écosystème, la faune, la flore et le rôle que joue la plante dans notre santé. Rien n’était laissé au hasard dans l’éducation et la formation de l’enfant. Mais, de nos jours, selon les conférenciers, nos enfants ne connaissent plus rien de tout cela. Ils sont circoncis une semaine après la naissance et ne jouent plus qu’avec les vidéos qui, certes, peuvent développer chez eux d’autres formes d’intelligence individuelle mais jamais collectives comme c’était le cas dans nos éducations traditionnelles. Il ne s’agit pas de recréer la cour, mais de nous appuyer sur notre passé pour consolider l’avenir de nos jeunesses. Les circoncisions collectives, si elles sont bien encadrées, bien règlementées, bien médicalisées et bien orientées peuvent aussi être une réponse efficace à la perte de nos valeurs d’entraide et de fraternité d’antan. Le festival international MANDINGUE LE KÔLEN, prévu pour courant avril 2018, lancera, selon Mohamed Kéïta, ses activités par la cérémonie de FIDASSI (FIDASSI) pour sa première édition qui regroupera au moins une quarantaine d’enfants à circonscrire.

Le festival FIDASSI (FESFIDA) est financé par les Ressortissants du Mandé avec des apports de tout genre et principalement par l’Artiste musicien Salif Kéïta.

Mariam Sissoko et Fatoumata Bintou Tounkara : LE COMBAT

Rédaction

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