lundi 25 septembre 2017
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Dans la grogne sociale, le chantage a primé

La période de brouille entre l’Etat et les syndicats semble s’atténuer. Après les magistrats et les agents de la santé, les enseignants ont pu arracher le 3 mai dernier à l’Etat, la somme de 5,620 milliards après un combat de 6 mois.

Lors d’une interview accordée à Christophe Koessler du courrier.ch de son passage en Suisse, Mariko raconte : « l’Assemblée nationale compte 147 députés et dispose d’un budget de 16 milliards de francs CFA alors que la justice malienne ne reçoit qu’entre 11 et 12 milliards, pour 550 magistrats ».

Le calcul est vite fait. Et on comprend aussi très vite que « le métier de politique » apporte beaucoup plus que tout autre profession au Mali.

Mariko ajoutera, « les juges tiennent le couteau par le manche car ils peuvent bloquer certains dossiers administratifs utiles aux élus. Ils avaient aussi menacé de relever des affaires camouflées jusque-là, concernant certains membres de l’exécutif ». Donc selon lui, les magistrats ont eu gain de cause parce qu’ils peuvent nuire à nos dirigeants.

Quant aux agents de la santé, il dira que cela relève d’un caractère criminel du régime en place car il y a eu mort d’hommes. Et enfin, il trouve que nos gouvernants ne se sentent pas concernés en ce qui concerne les revendications des enseignants, leurs enfants vont à l’école privée.

L’élu de Koutiala, à travers ses propos, dénote sans aucun doute une forme de chantage par laquelle les magistrats ont pu être entendu et quant aux agents de la santé, pour leur part, sont passés par la dissuasion. Les enseignants, n’ayant aucune arme fatale pour abattre qui se soit, sont restés à la touche durant plus de 6 mois. Six mois qui vont forcément avoir des retombés sur la qualité des études des enfants, ceux-là mêmes qui construiront le Mali de demain.

Par ailleurs, force de constater que les maliens sont restés passifs, voire indifférents concernant les préoccupations des enseignants. Il semblerait que ni les parents d’élèves, ni la société civile encore moins les politiciens n’ont rien à foutre.

Or, si réellement l’humain est la matière première, le rôle des enseignants est vital dans toute société. Il est incontestablement à l’origine de toutes compétences. Qu’ils soient président de la République, médecins, syndicalistes, magistrats, journalistes, etc., tous, doivent quelque chose à un enseignant, seul créateur de tous les professionnels. En plus d’être un droit, l’éducation doit être la clé du développement économique et social pour nous, les africains, en quête de notoriété dans ce monde. Donc, vu le rôle primordial que joue l’enseignant, l’Etat doit traiter les enseignants avec respect.

Il est vrai que sans soins, les gens meurent, sans justice, l’inégalité et l’injustice s’installent, mais à coup sûr, sans éducation c’est toute une nation qui outrepasse.

Quoiqu’il en soit, même avec des moyens limités, si la volonté politique y est, l’Etat peut améliorer notre système d’éducation, l’un des instruments le plus puissant pour combattre non seulement la pauvreté mais aussi les inégalités. Car, on ne fera jamais assez de sacrifice pour solidifier les bases d’une croissance économique forte.

Neimatou Naillé Coulibaly

Rédaction

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