samedi 16 décembre 2017
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Crise du Nord : Le caméléon pris dans son propre piège

Désormais, certains chefs des groupes armés du nord sont suivis de près. Le gouvernement Suisse menace de les sanctionner en cas de fautes dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation issue du processus d’Alger.

Le gouvernement a reporté les élections régionales et communales partielles prévues le 17 décembre 2017 en avril 2018. Cela, disait-il, pour permettre à tous les acteurs concernés de disposer du temps de discussion nécessaire afin d’apporter des réponses aux préoccupations exprimées « écouter les Maliens et leurs partenaires et reculer pour que les élections soient les plus inclusives possibles ». Pour certains, en réalité, ce report est une imposition de la part des groupes armés du Nord, qui dans un communiqué avaient demandé de manière formelle à l’État de reporter lesdites élections pour une exigence sécuritaire. Le gouvernement ne voulant être à nouveau coupable d’un quelconque bain de sang s’est vu dans l’obligation de les reporter.

C’est la unième fois que ces groupes armés s’opposent à une décision de grande envergure et qui rentre dans l’accord pour la paix. Le gouvernement suisse, partenaire privilégié du Mali, face à cette situation a annoncé des sanctions contre certains responsables des groupes armés maliens conformément à une résolution du conseil de sécurité des Nations Unies. Cette mesure concerne le gel des avoirs et l’interdiction de voyager pour certains membres signataires de l’accord. Dans le communiqué, les noms des personnes visées par cette décision n’ont pas été énumérés. Le document précise que ces personnes compromettent la paix, la sécurité et la stabilité au Mali.

La vraie couleur du caméléon connue

Face à la recrudescence de l’insécurité au nord et au centre du pays, les Maliens s’interrogent sur les véritables auteurs de ces troubles. Et le caméléon, avec ses multiples couleurs, est tombé en disgrâce car découvert par tous. Son jeu avec le feu a été de courte durée. La force Barkhane a dénoncé, il y a plus d’une semaine, que certains groupes armés signataires de l’accord pour la paix sont dans un double jeu. Cette annonce est faite au cours d’une conférence de presse organisée à Bamako. Le représentant de la force française au Mali a évoqué « une collusion avérée » entre des groupes armés du Mali et des terroristes. Le sujet a suscité de vives réactions au sein des groupes armés. La CMA réfute les déclarations du commandant de la force Barkhane qu’elle qualifie « d’allégations graves » contre les responsables du mouvement. La Plate-forme de son côté demande aux responsables de la force Barkhane de fournir « des informations précises avec des détails supplémentaires sur les personnes accusées de travailler avec les groupes djihadistes ».

Michel Eyquem LE CONFIDENT

Djibril Coulibaly

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