mardi 16 octobre 2018
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Charles Aznavour, mort d’un monstre sacré de la chanson française

Le chanteur et acteur français d’origine arménienne Charles Aznavour est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 94 ans. Au-delà d’une très prolifique carrière artistique internationale, on retiendra aussi de lui le militant de la cause du peuple arménien pour la reconnaissance et la mémoire du génocide de 1915. Et s’il porta la voix du peuple arménien dans le monde entier, il n’en fut pas moins un citoyen éclairé aux idées pertinentes sur la société française.

Aznavour n’est plus. S’il fut, tout au long de sa vie, un artiste parcourant les styles et les genres musicaux, il prêta également sa voix à ceux qui en furent privés. A commencer par le peuple arménien. L’Arménie, ce petit Etat eurasien à l’histoire riche et fournie, compte aujourd’hui une population d’à peine trois millions d’habitants. Le cœur de l’Arménie bat, toutefois, dans le monde entier du fait de sa diaspora qui, elle, compte environ 7 millions de personnes. Le chanteur prit ainsi fait et cause pour le peuple et la culture arménienne afin que les massacres perpétrés au début du XXe siècle dans l’empire Ottoman contre ses ressortissants arméniens, ne tombent jamais dans l’oubli.

Dès 1975, alors qu’il est déjà une star internationale reconnue, n’ayant donc plus à faire ses preuves, il écrit l’une des chansons les plus engagées et profondes de son répertoire : Ils sont tombés. Les paroles expriment l’horreur du génocide de 1915 qui causa la mort de plus d’un million d’Arméniens.

« Aznavour ne s’est pas laissé démonter »

En 1981, l’Armée secrète de libération de l’Arménie (Asala) commet une prise d’otages à l’ambassade de Turquie à Paris, pour réclamer la reconnaissance par l’Etat truc du génocide arménien. Les auteurs de l’acte sont arrêtés et traduits devant la justice française, au moment même où d’autres membres de l’Asala commettent un attentat meurtrier à l’aéroport d’Orly. « Après Orly, les Arméniens rasaient les murs. Mais Aznavour ne s’est pas laissé démonter », racontait en 2010, l’éditorialiste et militant d’origine arménienne Ara Toranian, au site Slate.fr.

Djibril Coulibaly

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