mercredi 20 juin 2018
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BAMAKO : Gravissime atteinte à la liberté de manifester

Une manifestation pacifique des partis politiques et organisations citoyennes de l’opposition a été réprimée avec une extrême violence par les forces de police, ce samedi 2 juin à Bamako (Mali).

Bien que les organisateurs aient respecté les procédures administratives d’usage en la matière, bien qu’à plusieurs occasions déjà des manifestations identiques, dont celle de la plateforme « Anté tè A bana », se sont déroulées depuis plus d’un an dans la dignité et sans aucun incident, cette dernière manifestation a été interdite par les autorités… sous prétexte de l’état d’urgence en vigueur depuis plus de 2 ans ½.

Usant des méthodes défensives (gaz lacrymogène, bastonnade, tirs armés) les plus répressives, les forces d’intervention, sur ordre du gouvernement, ont ainsi démontré combien le pouvoir en place, à moins de 60 jours de la prochaine élection présidentielle, entendait non seulement installer un climat de peur et de menaces envers les populations, mais également leur signifier qu’il souhaitait conserver les rênes de l’Etat à n’importe quel prix, y compris celui du sang.

Au-delà de cette nouvelle atteinte à la liberté de manifester pour une élection transparente et démocratique, le pouvoir affiche surtout sa réelle panique d’être légitimement écarté de la gestion du pays tant le désespoir populaire est profond, tant l’insécurité territoriale, sociale et économique est grandissante, tant le bilan présidentiel est négatif, malgré des promesses de dernière minute et des investissements d’urgence électorale depuis cinq mois.
Le Mali est en grave danger avec de graves conséquences prévisibles pour la sous-région. La manipulation, l’intimidation et la répression n’ont plus droit d’être des armes de gouvernance. D’autres pays africains ont montré récemment que seul le peuple citoyen, par son vote, était responsable de son avenir.

Il est plus qu’urgent que le peuple citoyen du Mali, libre et respecté, puisse choisir son destin sans être victime de représailles ou sévices… d’un autre temps.
L’opinion publique internationale, informée des événements qui fracturent gravement le Mali, se doit aussi d’être vigilante afin que la démocratie républicaine impose ses valeurs.
J’appelle la jeunesse à organiser la résistance et à sortir massivement le vendredi 8 juin 2018 à partir de 8 h pour une marche pacifique.
Résistons !
Résistons !
Résistons !

Mohamed Salia Touré
Dimanche 3 juin 2018

Djibril Coulibaly

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