lundi 17 décembre 2018
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Après une plateforme E-learning des universités de 200.000.000 F CFA non opérationnelle : A qui profite le projet d’une deuxième ?

Alors qu’il existe une plateforme de solution E-Learning déjà conçue par l’État malien à des centaines de millions de nos francs pour les universités de la place, non encore utilisée par les étudiants, le Gouvernement chercherait à dilapider l’argent dans un autre projet du genre. Les tractations d’appel d’offres sont en cours. À qui profitent les dividendes dudit marché folklorique ?

La corruption et le détournement du denier public demeurent le jeu favori des actuels Gouvernants et l’Administration compétente nationale. Chaque  Département ministériel s’emploie à créer des possibilités, des opportunités permettant aux Responsables de s’enrichir illicitement sur le dos du contribuable malien.   On a l’impression que ces autorités effectuent un stage de spécialisation dans le domaine avant de venir aux commandes.  Si l’on se réfère à la prolifération des délinquants financiers. Et c’est le moins qu’on puisse qualifier aussi cette affaire de conception d’une autre plateforme de solution E-Learning des universités du Mali alors que celle qui existe en due et bonne forme, opérationnelle à 100%, reste non mise à la disposition des étudiants.

En  effet, après avoir eu à exécuter le marché des tablettes offertes aux étudiants maliens, l’Exécutif est en passe de faire passer un autre marché. Mais,  cette fois, superflue.  Il s’agit  de la conception d’une solution E-Learning adaptable à ces outils. Le hic, c’est que notre pays dispose déjà d’une plateforme de solution E-Learning depuis plus de deux ans, mais jusque-là inutilisée. N’est-ce pas un détournement à ciel ouvert surtout  qu’il n’est un secret pour personne qu’il y a trop de deals autour de la passation des marchés publics au Mali ?

Une  plateforme E-Learning opérationnelle et conçue à plus de 200.000.000 FCFA à jeter dans l’oubliette ?

Dans ces dernières années, les effectifs d’étudiants dans  les universités maliennes augmentent considérablement chaque rentrée universitaire. Pour ce faire, l’État, à travers le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, s’était donné comme objectif de disposer bien avant la fin de l’année 2016 d’un dispositif visant à concrétiser une formation ouverte et à distance via les NTIC destinée à toutes les universités du Mali. Cette formation à distance ou E-Learning peut se définir comme une formation virtuelle, les Apprenants ne sont pas obligés d’être présents dans les mêmes lieux et en même temps que les Enseignants. C’est ainsi qu’un appel d’offres a été lancé en décembre 2016 et le CEFIB a été adjudicateur dudit marché. Selon nos informations, l’Etat a déboursé plus de deux cents millions de nos francs dans ce projet.

Cette plateforme E-Learning est opérationnelle depuis avril 2016. Le serveur de la solution E-Learning a été installé dans la salle informatique du Rectorat de l’Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako (USJPB). Et, selon le concepteur, les résultats attendus liés à la mise en place de la plateforme E-Learning ont été atteints.

«La solution permet de gérer les formations et les cours en ligne ; appliquer en ligne via une solution interactive et une simulation réelle du logiciel ; de faire le suivi en temps réel des activités de formation sur la plateforme ; de concevoir et de mettre en ligne les modules et cours, entre autres », a informé Souleymane Coulibaly, Directeur Exécutif du CEFIB lors d’une conférence de presse tenue hier, mardi 2 octobre 2018, dans les locaux dudit Centre de formation.

Selon lui, ladite plateforme donne la possibilité à nos différentes universités d’avoir une solution E-Learning performante et adaptée au système d’enseignement supérieur de notre pays. C’est une plateforme de gestion des acteurs (Étudiants, Enseignants et Administrateurs) et des activités pédagogiques programmées dans le cadre de la formation.

Mieux, le nombre d’Apprenants est illimité. Ce qui veut dire que les universités peuvent inscrire tous les étudiants sur cette plateforme. Aussi, elle permet d’améliorer le système de l’enseignement supérieur au Mali via les technologies de l’information et de la communication (TIC) en rendant accessibles les cours des Professeurs à tous les étudiants où qu’ils se trouvent.

Le CEFIB joue sa partition 

Le Directeur Exécutif du Centre d’Études et de Formation en Informatique et Business (CEFIB), Souleymane  Coulibaly, était devant la presse hier. D’après ses précisions, « la plateforme a été livrée  et est entièrement fonctionnelle, mais la décision de sa mise à disposition aux étudiants ne nous incombe pas ».  Le CEFIB a estimé opportun d’informer les étudiants à cette époque de l’approche de la rentrée universitaire. « À la veille de la rentrée universitaire, nous pensons qu’il est important d’attirer l’attention des étudiants sur tous les outils bénéfiques à leur curriculum. Le E-Learning est probablement l’une des plus    grosses Révolutions de l’Éducation contemporaine », a soutenu le conférencier Coulibaly.

A la question de savoir  quel serait l’avis du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique sur le fait que la plateforme n’était pas utilisée, la réponse du conférencier a été on ne peut plus claire : «Oui et à plusieurs reprises et on nous a dit que ce sera fait bientôt. Ce qui n’a pas été le cas ». Et de continuer : « Pour nous, il est important de respecter la confidentialité des termes et conditions octroyés au client ; car, nous offrons nos services aux  institutions publiques et privées. Nous vous laissons, donc, le soin de vous rapprocher des parties contractantes ».

Comment l’État  peut-il éjecter  plus de 200 millions et ne plus utiliser le produit ou chercher une nouvelle plateforme ?

Affaire à suivre !

Oumar Diakité : LE COMBAT

Rédaction

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